ABSTRACTS COLLOQUE 2026

Abstract n°1 : Introduction à la thématique (Saïd El Fadili – Bruxelles Environnement)

Le secteur est voué à évoluer à court/moyen terme. Les études de sol ne se limiteront plus à la prise en compte des pollutions classiques. Il s’agira, dans le futur, (1) d’intégrer des polluants émergents et (2) d’inclure dans les décisions les nombreux services fournis par les sols (stockage de carbone, rétention de l’eau en milieu urbain…). Ceci implique la mise en application de nouveaux outils, de nouvelles méthodes et offre toute une série de nouvelles perspectives pour une meilleure prise en compte des sols.

Abstract n°2 : Au-delà du sol : quels nouveaux compartiments et nouvelles matrices intégrer au diagnostic ? (François Henry, à confirmer – Bruxelles Environnement)

Classiquement, les études de sol se concentrent principalement sur deux matrices : le sol et les eaux souterraines ; les concentrations dans les autres compartiments étant modélisées à l’aide de logiciel comme S-Risk. Les études récentes tendent à montrer que cette vision trop simpliste peut mener à des décisions non optimales : (1) les modèles de risque ont tendance à surestimer les concentrations dans l’air du sol, (2) les œufs peuvent présenter des teneurs en PFAS très élevées, malgré des contaminations très faibles dans les sols, (3) des contaminations via les potagers et arbres fruitiers peuvent survenir à des teneurs plus faibles que prévues pour certains polluants… Tout ceci montre l’utilité d’analyser d’autres matrices : air du sol, air intérieur, fruites, légumes, œufs, voire sang.

Abstract n°3 : Polluants émergents : comment passer du signal faible à une liste d’actions ? (Jérome Petit – Projet PARC)

Les programmes de surveillance environnementale se multiplient et jouent désormais un rôle central dans l’évolution de notre société (suivi industriel, biomonitoring humain, résilience des sols agricoles, …). Considérant la multiplicité des sources de pollutions et la diversité des molécules à surveiller, ces programmes peuvent rapidement devenir onéreux et énergivores. Afin de rationaliser les ressources qui leur sont consacrées, il convient de concentrer les efforts sur les groupes de composés, les matrices et les effets les plus pertinents.

L’ISSeP a pris part à une étude menée dans le cadre du partenariat « Horizon Europe » pour l’évaluation des risques liés aux substances chimiques (PARC), un partenariat entre des agences européennes et des instituts de recherche dans le domaine de l’évaluation et de la gestion des risques liés aux substances chimiques.

L’objectif de l’étude était de concevoir un cadre de priorisation flexible, transparent et reproductible qui s’adapte à toute question relative à la surveillance des polluants chimiques environnementaux, et de le développer sous la forme d’une application web.

Abstract n°4 : Le flair au service du sol : la détection canine sur site, usages et limites (Émilie Navette – ISSeP)

Depuis 1998, la Wallonie a mis en place un réseau de suivi environnemental pour les sites d’enfouissement, mais la quantification des émissions diffuses de biogaz reste un défi. Cette étude a évalué l’efficacité de chiens détecteurs pour identifier les fuites de biogaz sur des sites d’enfouissement contrôlés. Les chiens ont été entraînés à l’aide de supports olfactifs Getxent® ; des analyses ont confirmé la représentativité de ces supports au regard de la composition en COV du biogaz de décharge. Les résultats de 25 séances d’entraînement réparties sur huit sites indiquent que les chiens détectent davantage de fuites, plus rapidement et dans une gamme de conditions météorologiques plus large que la méthodologie conventionnelle (transects avec chambres de flux et détecteurs laser). Une étude de cas est présentée en détail. Les fuites identifiées étaient principalement liées aux infrastructures de captage du gaz (puits, conduites) plutôt qu’à des émissions diffuses à travers la couverture du site, soulignant la nécessité de revoir les priorités actuelles en matière de surveillance. Ces conclusions suggèrent que l’intégration de chiens détecteurs constitue un outil complémentaire pertinent pour l’évaluation des sites d’enfouissement après leur fermeture et pour la révision des pratiques de surveillance en Wallonie.

Abstract n°5 : Détecter l’amiante autrement : le potentiel des approches biomoléculaires (Patricia Lasseau – University of Liège – GIGA Institute)

Bien que son utilisation soit interdite depuis 2001, l’amiante demeure aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. Sa présence persistante dans de nombreux bâtiments et friches industrielles constitue également un défi croissant pour plusieurs secteurs d’activité, notamment la construction, le recyclage, la location de matériel et la gestion des sols contaminés.

À l’heure actuelle, aucune technologie à bas coût ne permet une détection rapide de l’amiante directement sur le terrain. Les méthodes existantes reposent sur le prélèvement d’échantillons et leur analyse en laboratoire, ce qui entraîne souvent des délais importants et peut retarder significativement l’avancement des travaux.

ADEKIT (Asbestos Detection Kit) a été développé pour répondre à ce besoin. Cette solution innovante permet la détection de tous les types d’amiante directement sur site, dans les matériaux de construction et les déchets industriels, grâce à une méthode colorimétrique simple, rapide et facile à mettre en œuvre.

Le kit fonctionne à partir d’un échantillon prélevé sur le matériau à analyser. Après réalisation du test, le résultat est obtenu en environ 30 minutes : une coloration jaune indique l’absence d’amiante, tandis qu’une coloration rose à violette révèle la présence de fibres d’amiante dans le matériau. Cette approche fournit ainsi une réponse rapide permettant de soutenir la prise de décision sur le terrain.

Développé depuis plusieurs années, ADEKIT arrive aujourd’hui à un stade avancé de maturation et se rapproche de sa phase de commercialisation. Plusieurs évolutions ont déjà été intégrées ou sont actuellement à l’étude afin d’élargir ses performances et ses domaines d’application, notamment la réutilisation du dispositif, l’analyse simultanée de plusieurs échantillons ainsi que la quantification de la teneur en amiante.

La création de la société ADEKIT est prévue pour janvier 2027. Dans un premier temps, la commercialisation ciblera le secteur du recyclage des matériaux en fibrociment. À terme, les développements en cours permettront d’étendre l’utilisation de cette technologie à d’autres marchés et problématiques, notamment la caractérisation des sols et la gestion des matériaux contaminés.

Abstract n°6 : IA et études de sol : où gagne-t-on réellement en fiabilité, temps et décision ? (Éric Hallot – ISSEP)

Entre outils accessibles et solutions technologiques avancées, l’observation des sols connaît une évolution rapide qui interroge nos pratiques de diagnostic et de suivi. Cette présentation explorera le potentiel de la télédétection et de l’intelligence artificielle pour caractériser les sols et suivre leur évolution dans le temps, en questionnant le juste équilibre entre approches high tech et low tech : de la simple photographie de terrain exploitée par reconnaissance d’image aux séries temporelles satellitaires couvrant plusieurs années. Au-delà des perspectives techniques, il s’agira de réfléchir à la place de ces outils dans un diagnostic renouvelé des sols, plus continu, spatialisé et accessible, en phase avec l’évolution des cadres d’évaluation vers la notion de santé des sols.

Abstract n°7 : Table ronde : Détecter mieux, décider mieux ? (Tous les intervenants, table ronde animée par Renaud De Rijdt – Assenas et Louis Vandebroek – Fedexsol)

Cette première table ronde sera dédiée à la détection des polluants dans les sols et les eaux souterraines. Elle visera à déterminer à identifier les besoins et freins en termes de détection des polluants et à les mettre en relation avec les opportunités. Faut-il détecter plus ou de manière plus rapide ? Pöur quel gain ? Ou mettre le curseur dans la détection des polluants ?

Il s’agira d’identifier les pratiques et développements en cours et de voir comment les accompagner et les encadrer pour aller vers une détection de plus en plus efficace des polluants. L’intégration de matrices supplémentaires pourra être abordé.

Abstract n°8 : Cartographier le potentiel de désimperméabilisation des sols urbains, ou comment valoriser les données du sous-sol (Yannick Poyat – Terasol, Suisse)

Toute opération de désimperméabilisation induit le remplacement d’une surface scellée (enrobé bitumineux) par de la pleine terre (ou autre substrat) pour y accueillir une végétation. Cependant, le succès d’une telle opération reste entièrement dépendant de la nature du substrat géologique sur lequel reposeront les fosses de plantations. En effet, un substrat imperméable (argile lourde, molasse) proche de la surface peut représenter une réelle contrainte pour le bon développement des arbres et pour l’infiltration rapide de l’eau pluviale. La carte du potentiel de désimperméabilisation des sols permet de cibler les zones favorables au drainage des eaux pluviales en profondeur, soit des zones considérées comme prioritaires pour accueillir une opération de désimperméabilisation. Il s’agit d’un outil d’aide à la décision permettant de construire une véritable stratégie de désimperméabilisation à partir de données issues du terrain (sondages géologiques, pente, zones polluées, etc.).

Abstract n°9 : Pédogenèse post-régénération, restauration des services écosystémiques et indicateurs de suivi (Yannick Poyat – Terasol, Suisse)

La régénération d’un sol n’est aboutie que lorsqu’elle permet au sol de retrouver sa capacité à fournir des services écosystémiques. Cette présentation explorera les processus de pédogénèse qui s’activent au terme de la restauration du sol et mettra en parallèle ces processus avec la restauration des capacités du sol à fournir des services. Elle s’axera sur des données issues du terrain et visera à présenter les indicateurs de suivi qui permettent de monitorer les processus de restauration des sols.

Abstract n°10 : Piloter la qualité des sols : l’IQSW au service des décisions de projets (Clélia Van de Casteele et Louis Vandebroek – Consortium IQSW (ARIES Consultants – UCLouvain – CRA-W))

La région wallonne dispose d’un tout nouvel outil servant à objectiver la capacité du sol à remplir des services écosystémiques : l’Indice de Qualité des Sols Wallons (IQSW-pro). L’IQSW-pro a pour vocation d’interpréter, sur base de référentiels pertinents dans le contexte local, des paramètres physiques, chimiques et biologiques du sol en indices de services écosystémiques. Les services évalués sont : la production alimentaire et de biomasse, l’infiltration, la protection des nappes, le potentiel d’accueil pour une végétation diversifiée ou un écosystème rare, l’habitat pour la biodiversité du sol et le stockage de carbone. La présentation visera à montrer deux exemples concrets d’objectif d’utilisation de l’outil :

  • Guider l’aménagement du territoire en prenant en compte les sols, dans le cadre de la planification territoriale et de projets d’aménagement et de réhabilitation,
  • Encourager une gestion durable des sols, y compris pollués, avec la perspective de repenser les pratiques d’assainissement en considérant le fonctionnement écologique du sol dans son ensemble plutôt que sur la seule base de critères de dépollution.

Abstract n°11 : Assainir et régénérer : créer davantage de valeur environnementale avec les travaux (Renaud De Rijdt – Assenas & Atrasol)

L’assainissement des sols répond d’abord à une nécessité : maîtriser les risques pour la santé humaine , les eaux souterraines et l’environnement. Cependant, en changeant de paradigme, l’assainissement peut aussi être pensé comme un levier de transformation positive et durable des sites traités. L’intervention propose d’explorer comment les choix techniques, logistiques et paysagers effectués avant et durant les travaux peuvent contribuer à restaurer les fonctions du sol, favoriser la biodiversité, mieux gérer l’eau, lutter contre le changement climatique, limiter les transports et valoriser les terres excavées. À travers des exemples concrets, Renaud De Rijdt présentera des pistes d’action pour inscrire ces ambitions dans les études, les marchés et l’exécution des chantiers. L’exposé s’adresse aux maîtres d’ouvrage, qui y trouveront des leviers pour formuler une ambition claire et des exigences opérationnelles adaptées, aux experts qui disposeront de pistes pour élargir le diagnostic et objectiver les co-bénéfices des scénarios proposés et aux entrepreneurs désireux de valoriser leur rôle dans la régénération des sites en dépassant la seule conformité réglementaire. Il donnera des clés pour identifier les opportunités, organiser les arbitrages et construire des projets d’assainissement créateurs de bénéfices environnementaux, sociétaux et territoriaux.

Abstract n°12 : Table ronde : Quels nouveaux standards pour les projets sols de demain ? (Tous les intervenants, table ronde animée par Renaud De Rijdt – Assenas et Louis Vandebroek – Fedexsol)

L’Europe s’est fixée l’objectif ambitieux d’atteindre des sols sains et résilients d’ici à 2050. L’atteinte de cet objectif passe par la prise en compte, de manière de plus en plus intégrée, des sols dans les projets de reconversion de friches et dans les chantiers de gestion des terres d’une manière générale.

Cette seconde table ronde visera à identifier les nouveaux standards qui seront d’application (après) demain et les différents besoins, freins et opportunités qui y sont associés.

Abstract n°13 : Conclusion et perspectives : Les enjeux et l’avenir des métiers liés aux sols (Renaud De Rijdt – Assenas et Louis Vandebroek – Fedexsol)

Le mot de clôture visera, au-travers d’une restitution des débats de la journée, à identifier les enjeux et l’avenir des métiers liés au sol.